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Les Objectifs M42

La monture M42 équipant nombres d'objectifs, représentait de la fin des années 60 aux années 80 un standard. La monture n'était pas alors une baïonnette, mais un pas de vis d'un diamètre de 42 mm (il a aussi existé en M39). Ce standard s'est développé en même temps que les baïonnettes propriétaires à chaque marque. A l'heure actuelle, il reste de la production M42, un grand nombre d'objectifs qui s'avèrent s'adapter facilement sur la plupart des reflex actuels. La « côte » de ces optiques est donc montée en flèche ces dernières années.

Tous les objectifs M42 sont à mise au point manuelle, et bien que certains aient la capacité de viser à pleine ouverture, et retrouver le diaphragme pré-sélectionné au déclenchement (comme sur tous les objectifs actuels), ces derniers s'utiliseront toujours à diaphragme réel sur un reflex numérique. Les commandes internes aux appareils de l 'époque n'étant pas les mêmes qu'à l'heure actuelle, c'est un passage obligé.

La visée à diaphragme réel

Cette visée est simple à comprendre. Le réglage que nous effectuons sur l'objectif se voit directement lors de la visée. Plus nous fermons le diaphragme, plus la visée s'assombrie, plus la profondeur de champs augmente. A contrario, la visée à pleine ouverture permet de choisir la valeur d'ouverture en gardant le confort de visée (et de mise au point) de la pleine ouverture et de sa luminosité. Lorsque la photo est prise, l'objectif repasse en diaphragme réel (celui que nous avions choisi). Il y a cependant un avantage à la visée à diaphragme réel : la profondeur de champs est visible dès le cadrage. Il est également possible de retrouver ceci sur nos reflex numérique grâce au testeur de profondeur de champs. Le testeur, tant qu'il est enclenché, ferme le diaphragme et offre la visée à diaphragme réel.

Objectif M42 Tair de face.

Objectif M42 Tair de face

L'utilisation des objectifs M42

Suivant les marques et/ou les années de fabrication, les objectifs M42 ne s'utilisent pas tous de la même façon. Il y a d'abord les objectifs à pré-sélection de diaphragme. Ce dernier comporte donc deux bagues, l'une servant, comme sur tous, à fermer ou ouvrir le diaphragme, l'autre à pré-régler. Le pré-réglage sert en fait de butée à la commande de diaphragme. Nous visons à pleine ouverture, et lorsque que nous devons déclencher, nous tournons le diaphragme jusqu'au pré-réglage. Si nous avions choisi F/8 en pré-réglage, la commande de diaphragme ne pourra pas dépasser cette valeur. Sur ces objectifs là, la commande de diaphragme ne comporte aucun cran, elle est complètement fluide.

Nous voyons ici un objectif à pré-sélection. La première bague à droite et marquée d'un point blanc, est la bague de pré-sélection, ici à F/8 et 1/2. La bague marquée du point rouge à sa gauche et la commande de diaphragme que nous fermons au moment de déclencher.

Objectif M42 Tair, pré-sélection de diaphragme

Les objectifs semi-automatiques. Que l'on s'entende bien, il faut comprendre ici, que la commande semi-automatique ne sert que pour le diaphragme, sur un appareil conçu pour le M42. Ces objectifs possèdent donc une commande automatique (A) et une commande manuelle (M). Pour une utilisation aisée, nous le passerons l'objectif en manuel. La visée se fait toujours à pleine ouverture pour le confort et la facilité, et nous fermons le diaphragme avant de déclencher.

Ici présenté, un objectif M42 Takumar disposant de la commande M/A. Sur cette photo, l'objectif est en position manuelle ("auto" est caché par la commande) et permet donc la visée à diaphragme réel.

Objectif M42 Takumar, en position manuelle

Pour les objectifs dit automatiques, l'utilisation est plus compliqué. Montés sur un reflex numérique ils ne pourront pas dépasser la pleine ouverture sans une modification matérielle préalable. Ce dernier point est à prendre en compte pour un éventuel achat.

Autre point important dans l'utilisation des objectifs M42 : le traitement des lentilles. En effet, les traitements des années 70 n'étaient pas les mêmes que ceux que nous pouvons trouver actuellement. Tous les M42 que nous avons testé sont sensibles au « flare » (reflet en anglais). Cela a pour effet de rendre des images ternes, aux contrastes réduits, comme s'il y avait un voile terne, clair recouvrant la photo. Les grandes ouvertures y sont plus sensibles, tout comme la technologie numérique où les capteurs à la surface brillante joue le rôle d'un parfait miroir.

Pourquoi un M42

L'avantage premier des objectifs M42, outre le plaisir de photographier en manuel, est indéniablement le prix. Nous pouvons ajouter à cela la qualité de nombres de focales fixes présentes sur le marché. La référence M42 ne rime pas forcément avec qualité, mais beaucoup des objectifs qui se vendent sont bons et lumineux. Les zooms n'ont que peu d'intérêt du fait que l'on trouve souvent bien mieux à l'heure actuelle pour pas trop cher. Les focales fixes récentes sont plus cher (et plus automatiques !) et un M42 peut aisément palier un budget trop restreint. Les focales les plus recherchées et qui ont (forcément) le plus grand intérêt :

35 mm F2,8. Très pratique se rapproche d'un 50 mm sur un capteur APS, manque un peu de luminosité.
50 mm F/1,4 - F/1,8 – F/2. Focale moyenne, parmi les plus lumineuses.
85 mm F/1,4 – F/1,8. Très adaptée au portrait, très lumineux mais bien plus cher (en F/1,4).
135 mm F/2,8. Petit téléobjectif lumineux et souvent qualitatif, très agréable d'utilisation pour sa profondeur de champs. Nous ne parlons pas des 135 F/1,8, peu courant, très chers et parfois moins bons.
300 mm F/4 – F4,5. Plus rares, ils sont cependant très pratiques pour la photo animalière, avec, suivant les modèles, une très bonne qualité.

Les objectifs M42 peuvent s'adapter sur la plupart des marques de reflex numériques, à la seule condition d'avoir la bague adéquate. Nous trouvons des bagues très facilement sur internet. A noter que même s'ils s'adaptent sur les reflex Nikon, nous perdons la mise au point à l'infini avec cette marque. Le tirage objectif/capteur étant trop éloigné de celui prévu pour un M42, la perte est obligatoire.

Canon Eos 400D monté avec un objectif M42 Tair 135 mm F/2.8.

Canon Eos 400D monté avec un objectif M42 Tair 135 mm F/2.8

Quelques repères pour acheter un M42

Voici quelques repères de prix et de marques pour acheter correctement, en tout cas, avoir une idée de ce qui se fait.

Les prix :

Nous pouvons compter de 5 à 300 € pour un objectif. La plupart d'entre eux ne doivent pas dépasser les 50 €. Les ultra-lumineux seront souvent plus chers, surtout s'ils sont réputés.

Nous donnons ici quelques références à titre indicatif, rien d'éxaustif en vue, ni aucun barème précis.
Nous pouvons compter pour un 28 mm un prix allant de 7/8 € (euros) à 20 € (euro).
Nous pouvons compter pour un 50 mm un prix allant de 7/8 € (euros) à 30 € (euro).
Nous pouvons compter pour un 135 mm un prix allant de 20 € (euros) à 60 € (euro).

Les marques réputées pour leur qualité (là encore rien d'exaustif) :

Takumar (Japonais) => Le 50 mm F/1,4 est l'un des plus réputés. Sa douceur à pleine ouverture est très agréable en portrait, son piqué, passé F/2, est très bon. Le 135 mm F/2,8 est aussi réputé, surtout la deuxième version (après 1973), notamment pour son homogénéité centre/bords (que la première version n'a pas).

Helios (Russe) => Excellent rapport qualité/prix, le 58 mm (Helios 44) se trouve pour moins de 20 € (euros) et présente de très bonnes prestations dès la pleine ouverture. Le 85 mm F/1,5 (Helios 40) est lui aussi très réputé, plus cher, il est très bon également. La version 2 (Helios 40-2) est plus cotée, donc plus cher, pour des qualités pas franchement meilleures.

Pentacon (Allemand) => Très liée à l'origine avec Practika, les objectifs sont généralement bons. Le 135 mm F/2,8 est le plus connu, il est bon dès la pleine ouverture et très bon ensuite. Suivant les années, les traitements optiques sont eux-aussi très agréables. Cet objectif est aussi connu pour sont bokeh.

Carl Zeiss (Allemand) => Très peu d'objectifs testés par nos soins, ils sont néanmoins un gage de qualité en focale fixe (et pas seulement). Ils sont cependant bien plus cher.

Tair (Russe) => Les objectifs russes sont généralement plus gros et plus lourds que la plupart des concurrents, ils sont également très bons, notamment le 135 mm F/2,8 (Tair 11-A) et le 300 mm F/4,5 (Tair 3). Le traitement des lentilles est par contre en retrait par rapport aux objectifs allemands et japonais, à date de fabrication équivalente.

Makinon (Japonais) => Connue à la belle époque des M42, un peu moins maintenant, nous trouvons des 135 mm F/2,8 et 35 mm F/2,8 de très bonne qualité.

Jupiter (Russe) => Réputés et assez chers, ces objectifs sont généralement bons. Nous les avons peu testés.

Haminex (Importateur Australien) => Peu d'informations sur cette marque. Sa production se résume à apposer son sigle sur du matériel, les rares tests nous montrent de très bons résultats. Le 35 mm F2,8 serait au dessus du 50 mm Porst par exemple.

Cosina Cosinon (Japonais) => L'un des plus gros fabricants d'optiques dans la période des M42, il sous-traitait notamment pour Porst, Soligor, Vivitar et bien d'autres... On doit à cette marque les Porst 55 mm F/1,2 et 135 mm F/1,8. Des objectifs souvent chers du fait de leur luminosité, et relativement bons.

Voilà donc quelques informations, quelques repères pour débuter en M42, vous pourrez retrouver des discussions sur le forum de pixelvalley, ainsi qu'un topic dédié à la modification d'objectifs M42 afin de bénéficier du système d'attache de l'appareil (Pentax).

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