Photo macro système D
Le monde du tout petit est très attirant pour beaucoup d'entre nous. Photographier un objet, non pas pour son esthétique, mais pour sa matière. Arriver si proche que la forme, l'objet en lui-même n'a plus de sens. Se plaire à croire que l'on peut se rapprocher de l'atome. Est-ce cela, la macro photographie ?
En théorie, non, bien sûr. Ce n'était ici que quelques ressentis pêchés à droite, à gauche sur l'approche de la macro. En réalité la macro est considérée comme telle lorsque le rapport de reproduction est au moins égale à 1:1. En pratique, nous parlons de macro dès que nous photographions de près. Le rapport 1:1, cela veut dire que l'objet photographié fait la même taille dans la réalité que sur le support (film 24x36, capteur, ...etc)
La macro
Il y a deux façons majeures de faire de la macro quand on est équipé d'un reflex : l'achat d'un objectif dédié à cette activité, ou le "système D". La première solution est facile et onéreuse, mais présente nombre d'avantages que nous ne verrons pas avec le système D. Les principaux avantages sont évidemment qualitatifs. La macro en système D est elle très différente au niveau du rendu, car elle offre des déformations. Ces déformations ne sont pas forcément inintéressantes. Le principal moyen de faire de la macro sans débourser un sou est de retourner son objectif. Plus l'optique est de focale courte, plus le taux de grossissement sera important. Tous les objectifs n'étant de même technologie, nous verrons que certains seront plus à l'aise en macro. Nous classifierons les optiques en deux grandes catégories, les "tout électroniques" et, les électroniques et les manuels.
Note : Les équivalences 24x36 ne veulent plus rien dire ici. Par exemple un 18mm aura les déformations d'un 18mm et lorsqu'on le retourne, il aura également le grossissement d'un 18mm. Même si sur votre boîtier il offrait l'équivalent d'un 28mm. Voir le dossier sur la conversion des focales de l'argentique au numérique.
Comment reconnaître votre objectif
Tout d'abord quand vous désolidarisez l'optique du boîtier, vous devez voir les broches de contacts électroniques qui apparaissent dorées ou argentées. A côté de celles-ci vous avez, ou non, une patte métallique située autour de la dernière lentille. Cette patte agit directement et manuellement sur l'ouverture du diaphragme. Si cette patte est existante, et même si l'optique n'est pas équipée de bague de diaphragme, c'est que votre optique peut prendre plusieurs valeurs de diaphragmes différentes sans être obligatoirement reliée au boîtier. Si cette patte est inexistante c'est qu'au contraire, vous serez bloqué à l'ouverture maximale (plus courants sur les objectifs récents). Enfin si vous ne voyez aucune broche dorée au dos de votre objectif, c'est qu'il est entièrement manuel (et pas tout jeune !).
Voici un vieil objectif, la patte métallique est ici inintéressante car la bague du diaphragme est accessible. Une fois l'objectif retourné, la mise au point est faite à pleine ouverture, bien sûr, et vous diaphragmez ensuite à votre goût.

Un objectif plus récent, la bague de diaphragme est présente, donc toujours pas de soucis de ce côté là.

La bague du diaphragme n'étant pas disponible sur cet objectif, les seules valeurs accessibles lorsqu'il est retourné, sont la pleine ouverture et la pleine fermeture de ce dernier.

Sur cette optique, ni la bague de diaphragme, ni la patte métallique agissant directement sur l'ouverture, ne sont présentes. Les photos se feront exclusivement à pleine ouverture, limitant ainsi la profondeur de champs.

Quelles déformations
Les déformations apportées par ce type de prise de vues sont essentiellement dûes à la construction propre à chaque objectif, et notamment à la forme de sa première lentille ( qui deviendra la dernière lorsque celui-ci sera retourné ). Plus la première lentille de votre objectif sera bombée, plus celui-ci déformera. Pour être plus précis c'est la zone de mise au point qui sera différente.
Un objectif est prévu, à la base, pour faire la mise au point sur un plan ( ici le plan capteur, ou le plan film en argentique ), de ce fait la dernière lentille est conçue pour que la mise au point soit faite sur ce plan. Lorsque que votre optique est à l'envers, la zone de mise au point sur le capteur sera bombée. Autrement dit si vous photographiez une surface plane, vous aurez une zone de mise au point qui sera soit centrale, soit au contraire autour du centre de l'image.
Évidemment, les images réalisées à pleine fermeture, seront moins sujettes aux déformations de mise au point.
Déformation de mise au point sur une surface plane.

Ces deux images mettent bien en valeur les déformations de mise au point dûes à la première lentille de l'optique lorsque celle-ci est retournée.

Comment contrôler l'ouverture lorsqu'aucune bague n'est présente sur l'optique
Lorsque l'objectif est retourné la seule façon de contrôler le diaphragme est d'agir sur la fameuse patte métallique du bout du doigt.
La patte métallique se trouve au bout de l'index. C'est celle-ci que nous actionnerons pour jouer sur la valeur d'ouverture du diaphragme.

Ouverture manuelle du diaphragmme sur objectif Pentax.

Note : Lorsque la bague de diaphragme est indisponible et que nous utilisons la patte métallique, nous considérons qu'il n'y a plus que deux valeurs sur ce dernier. C'est dans un but de facilité que nous nous arrêtons à l'ouverture maximum et minimum.
Il vous faudra sûrement un petit temps d'adaptation pour réussir à tenir l'objectif collé au boîtier tout en jouant sur le diaphragme. Et, faut-il le rappeler, tout ceci doit être fait sans bouger bien sûr, car lorsque le diaphragme est fermé, les temps de pose rallongent...
Exemple
Voici quelques résultats que nous pouvons obtenir avec cette technique.
Exemple de photo macro système D sur une moto en jouet.

Objectif Pentax 18-55mm (du Pentax K100D) retourné, sur 18mm à pleine fermeture.

Bouchon d'objectif de l'olympus E-400 avec l'objectif sur 14mm et retourné.

Note : Nous nous somme arrété à cette technique car elle reste la plus simple sans trop de pertes de qualité (on peux aussi coller deux objectifs bout à bout, mais le résultat est moins satisfaisant) .
Conclusion
L'achat d'un objectif dédié à la macro est souvent difficile au vu de son prix. Heureusement pour nous tout n'est pas perdu et nous pouvons encore espérer approcher les atomes sans nous vider les poches. Outre les déformations apportées par cette technique "système D", qui peuvent être un régal à utiliser pour donner des effets, cette pratique améliore grandement la souplesse des doigts (tenir l'optique contre le boîtier, bidouiller la patte métallique, faire ses réglages et sa compo...). C'est prouvé.
Et deuxième avantage : nous pouvons, surtout à l'ère du numérique, obtenir des rapports de reproductions plus élevés que sur vrai objectif macro !