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Willy Ronis aux 40èmes Rencontres d’Arles

Source : Marta Gili

Pour la quarantième fois, le monde de la photographie avait  rendez-vous cet été avec Arles. Si vos pas vous mènent vers le sud poussez jusqu’aux portes de la Camargue et arrêtez-vous un instant pour profiter des deniers jours du festival de la photographie « Les Rencontres d’Arles » (du 7 juillet au 13 septembre 2009) où des artistes aussi différents que Willy Ronis, Nan Goldin, Duane Michals ou Martin Parr incarnent la vitalité de cet art et l'ambition permanente des Rencontres.

Si vous appréciez la photographie en noir & blanc faites un tour à la rétrospective consacrée à Willy Ronis dans l’église Sainte-Anne. L’exposition présente un aspect de l’oeuvre de Willy Ronis qui témoigne d’une conscience profonde de la nature même des images et d'une vision personnnelle du courant humaniste. Pour Willy Ronis, la photographie n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’exprimer sa propre expérience des réalités sociales qui l’entourent. Qu’elles soient prises dans la rue, dans une usine, en pleine nature ou dans l’intimité, ses photographies constituent un recueil d’instants échelonnés sur l’ensemble de sa carrière de photographe, fondement de sa propre version du réel.

 

 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le flambeau de la photographie française est porté par le Groupe des XV, auquel appartiennent Robert Doisneau, René-Jacques, Marcel Bovis et, bien sûr, Willy Ronis. La vision anecdotique, la parodie, la tendresse, la finesse visuelle sont parmi les procédés narratifs chers à la photographie humaniste, et sa raison d’être.

Les rues animées de Paris, ses quartiers populaires, ses flâneurs, des enfants en train de jouer, ou plus généralement des scènes de la vie de tous les jours constituent le décor dans lequel ces photographes allient poésie et vocation spontanée à rendre compte du monde. Willy Ronis n’en est pas moins persuadé de l’imposture que recèle toute tentative de donner une vision édulcorée de l’injustice sociale par la photographie. Il se livre à une exploration systématique de la vie des classes les plus démunies, pleine de conviction et de lucidité. En témoignent ses photographies d’ouvriers, de piquets de grève et de harangues enflammées de syndicalistes, que ce soit aux usines Citroën (1936) et Renault (1950), aux mines de SaintÉtienne (1948), ou dans les rues de Paris (1950). Or, au-delà de sa sensibilité aux conditions de travail, familiales et sociales des ouvriers de l’époque, affleure un photographe dont les intérêts sociopolitiques ne s’accommodent pas de fragments de vie croqués çà et là, mais exigent de lui un engagement actif. Ronis n’est pas misérabiliste, il ne maquille pas la pauvreté ; il n’esthétise pas les pauvres ni ne chante leurs louanges, mais s’associe à leurs revendications, à leur lutte, à leurs manifestes.

Exposition organisée par le Jeu de Paume et présentée à l’église Sainte-Anne.
 

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